Conseil de lecture

Lady Helen, Le Club des Mauvais Jours

Lady Helen

Le Club des Mauvais Jours
De Alison Goodman
En stock, expédié aujourd'hui En stock, expédié aujourd'hui 19,50 €
Conseillé par Gwendal O.. (Librairie Récréalivres)
Saturday 24 September 2016 3 étoiles

Sous une couverture légèrement trompeuse empruntant aux codes du roman historico-romantique, les presque 600 pages de "Lady Helen & Le Club des Mauvais Jours" laissent une impression mitigée. Alison Goodman à qui l'on doit le dyptique "Eon" et "Eona" ose un improbable mashup entre le roman historique (la Régence anglaise) et un fantastique teinté d'ésotérisme. La 4ème de couverture ratisse donc large : "Entre Romance à la Jane Austen et Fantasy Noire". Les amoureux de l'auteure invoquée, récemment mise à la sauce vampire au cinéma, n'ont plus aucune raison de s'étonner depuis fort longtemps. Alison Goodman réalise ce grand écart avec un savoir faire certain mais aussi pas mal de raideur... et de lenteur. Le roman très réussi par moments s'enlise en effet parfois dans des scènes répétitives et le lecteur a souvent le sentiment d'être en avance sur les personnages. L'univers du roman, revendiquant une originalité qui devrait laisser sceptiques les amateurs de steampunk, pourrait fonctionner un peu à la façon de l'excellente série anglaise "Penny Dreadful". Malheureusement l'attention apporté à la reconstitution historique (digne des meilleurs romans de Mary Hooper), le soin accordé aux atermoiements adolescents de l'héroïne s'accordent finalement assez mal avec la puérilité du background fantastique (pour résumer une société secrète réduite à une 10aine de personnes contre les Forces du Mal). "Lady Helen" ne manque pourtant ni de charme, ni d'ambition. Les pages consacrées à l'entrée dans le monde de l'héroïne, à son entrevue avec la reine, sont pleines de panache. On reconnait aussi à l'auteure une certaine audace (surlignée par le contexte puritain du pastiche) dans le traitement de l'éveil à la sensualité d'Helen. Des atouts qui tiennent le lecteur jusqu'à la fin de ce qui n'est qu'un premier tome. Un drôle de roman qu'on aurait voulu aimer sans réserves.